Mise à jour 01/02/10: on croit avoir bien cherché, et parfois non ! Suite à la lecture matinale de cet article du Télégramme, je découvre tardivement que le site est plus jeune que je ne le pensais. La présence du « version bêta » sous le logo du site ne m’avait pas interpellé, dans la mesure où depuis la manie de Google d’affubler ses nouveautés de « bêta », ce terme se trouve souvent utilisé à tort sur le net, pour se couvrir d’éventuels bugs. La lecture de l’article apprend également qu’Impact Pub a bel et bien délégué la réalisation à une société externe. Cela n’excuse pas les points soulevés ici, cependant la teneur globale de ce que j’écris s’en trouve modifié: il faut donc voir un simple relevé d’erreurs à éviter, Impact Pub n’ayant pas codé eux-même le site. Je ne touche pas au corps par principe, mais le titre de cet article n’est plus valable et s’en voit donc modifié. Un ajout est également fait dans la conclusion.
Si ces derniers temps j’avais une grosse flemme aigüe pour écrire sur mon blog, la découverte de citymalin.com vient me tirer de ma torpeur. J’ai littéralement bondi en découvrant sur Facebook la réalisation d’une agence de pub à Trégueux nommée Impact Pub pour « acheter malin » dans les commerces de Saint-Brieuc… Explications.
La découverte
En passant sur Facebook, je vois que certains de mes contacts sont devenus fans de « citymalin.com« . Un .com m’intriguant un peu plus que « Contre la violence des bébés phoques dans le Limousin lol », ou « Contre le groupe qui n’existe pas d’un truc super horrible mais fais tourner pauvre mouton », je vais visiter, d’un oeil d’abord neutre, la page fan en question.
Première impression positive. Ah, un truc de bons de réductions pour beaucoup de commerces à St-Brieuc. Cool. Initiative sympa. Puis d’un coup, j’ai les yeux qui piquent. Une accumulation de mots clés dans les liens. Comme il y a plusieurs années, chez les débutants. Gloups. Je clic. Argh.
Le code source
J’arrive sur un site assez sympa visuellement, quoiqu’un peu brouillon. Je constate en effet qu’en lieu et place du titre de la page se trouvent une accumulation de mots clés. Immédiatement, j’affiche le code source. Là, je suis effaré: les balises descriptions et keywords ne sont pas en reste. Quand on sait que la balise keywords est désormais inutile, et que la description n’est plus qu’un affichage « par défaut » chez Google, voir tout ça fait transpirer sur un site professionnel. Avec la balise title en mode bourrin, cela revient à réclamer haut et fort à Google « hey, met moi en sandbox m’sieur Google stp ! », autrement dit rien de tel pour partir non pas du bon pied, mais pénalisé.
Le reste du code source (qui je le rappelle détermine ce que vous voyez sur votre écran) démontre un site incroyablement lourd, ultra blindé de javascript sur près de 80% du code (sans compter les JS appelés d’autres fichiers), dont le quart de la moitié ne sert pas sur la page d’accueil. Ca fait peur.
Tout cela est sans intérêt d’un point de vue SEO.
Mais qui a fait ça ?
Le design semble lui être une commande auprès de Licorn Publishing, un webdesigner qui fait des choses vraiment très sympas ! C’est malheureusement la seule étape de production qui semble avoir été déléguée, la page d’accueil du site démontrant un amateurisme certain en compétence de webmastering.
Cet amateurisme se confirme avec le site corpo d’Impact Pub: un simple template gratuit trouvé sur le net (wfxbuild, wtf ?) affublé de petites images dans le header n’ayant tout bonnement rien à voir avec leur activité.
Un serveur foutoir
Google m’en apprend vite un peu plus sur l’état du serveur qui héberge citymalin.com . On trouve facilement, et sans le vouloir, des modèles de lettres (des exemples) de ce qui doit probablement être envoyé aux commerces adhérents. Pire: on tombe même sur une vieille page d’administration bugguée, avec le début d’un listing de clients !
Les autres pages (référencées alors qu’elle ne devraient pas l’être) ont été récemment protégées, seul le cache de Google permettant de naviguer dans des dossiers (images, TinyMCE…).
Des vitrines bancales
Je retourne à l’accueil, et constate qu’ils proposent également un service de « site vitrine », permettant aux commerces de Saint-Brieuc de disposer d’une page web présentant leur activité, tarifs, moyens de contacts, etc… Avec possibilité de laisser des commentaires.
Si l’idée est louable, encore une fois l’initiative se trouve plombée par un code désastreux, rendant cette page non seulement peu agréable à visiter, mais en plus totalement sans effet point de vue indexation sur les moteurs de recherche.
Un header visuellement agréable (quoiqu’un peu gros…) chapeaute des pages vitrines très lourdes en code (encore une fois). La navigation est une fois de plus peu pratique par l’utilisation des barres de défilement. Pourquoi vouloir à tout prix tout coller dans une seule page ? Lire la carte d’un restaurant n’est ainsi pas très agréable.
Techniquement, l’url (adresse) est quant à elle non optimisée, tout comme le titre, « citymalin.com » . Avoir tout plein de pages avec le même titre, c’est mauvais… Le nom du commerce apparaît lui seulement à la moitié du code (hors occurrences dans le javascript).
Enfin, on peut regretter l’absence de cohérence entre l’identité visuelle de l’accueil et des sites vitrines. Soit on tranche complètement avec des thèmes en accord avec l’activité, soit on garde le même gueule que le site en lui-même. Là on a ce qui pourrait être une variante de l’accueil, qui ne permet pas d’identifier au premier coup d’oeil quel commerce on visite.
Un petit mot sur l’accueil, assez mal agencé: les commerces ne sont pas assez mis en avant, on est obligé de descendre la page pour faire défiler quelques enseignes et news…
Conclusion
Pourquoi cet article ? Car briochin d’origine, ça me fait relativement mal au cul de voir de bonnes web-initiatives locales freinées par un manque de web-savoir-faire (oui, j’invente des super mots dans une seule phrase !)
Très franchement, j’espère pour les commerçants que l’obtention d’une vitrine n’est pas payant. Si l’initiative de ces services est une bonne idée, et je ne remet pas en question les compétences premières de ces deux entrepreneurs, le support web est relativement mauvais. Externaliser la conception du site et des services associés sur le net aurait dû être la seule option de cette boite. Après tout, on ne peut pas être bon partout, il n’y a pas de honte à ça !
Voici un contre-exemple de service de site vitrine techniquement peu reprochable: iCommerces. C’est la même chose, les bons de réduction en moins et une certaine austérité en plus. Un mix de ce site belge et de ce site briochin: voilà une bonne solution…
Mise à jour 01/02/10: pour répondre à la question du titre, non certaines de ses erreurs ne sont, à mon sens, pas tolérables dans le cadre d’un lancement de site, même en « beta ». Si le travail de référencement peut évoluer , le code être travaillé, allégé, optimisé, et certains « vieux » dossiers oubliés, je reste ferme sur la partie concernant l’ergonomie des vitrines ainsi que l’identité visuelle: cela peut donner une mauvaise image aux clients de voir de rapides changements. Bon par contre pour le réf’, sur la partie vitrines je n’en démords pas non plus, et je trouve dommage de partir de telles bases techniques globalement.
Notez que certains poins évoqués ici sont visiblement en passe d’être corrigés sous peu
Et il a fait quoi dans le monde du web le monsieur pour s’autoriser un tel ticket ?
Même si la critique sur la non optimisation du site pour le référencement est légitime (si le « Mauvais élève durant de très longues années au collège et lycée Saint-Charles » avait pris soin de se renseigner, il aurait appris que cela ne fait pas partie des priorités de la phase 1 d’un site qui n’a que quelques semaines d’existence … et pour lequel le référencement Google n’est pour l’heure en rien stratégique) , il eut été plus correct dans l’esprit de faire part de ces critiques directement aux deux entrepreneurs, de briochin à briochin.
En tant que consultant briochin des deux potes briochins, je condamne la démarche, à plus forte raison de la part de quelqu’un qui revendique ses origines briochines.
En tant qu’enseignant d’info à l’université, j’ai l’habitude des ces étudiants (heureusement cas rares) , qui, se croyant expert, se positionnent en donneur de leçon.
Bonne nouvelle quand même : quand un petit con de moraliste de 25 ans s’expatrie en Belgique, ça ne peut qu’être une très bonne nouvelle pour Saint-Brieuc et la Bretagne.